6 pans 1 crayon | Women's Cup
 

Juste un mot : Magique !

Je vais quand même en ajouter quelques autres pour tenter de retranscrire au mieux ce que j’ai vécu durant ces quelques jours, c'était nouveau, c’était fort, c’était bon, du début à la fin, donc ça risque d’être un peu long !

Compte-rendu de l'édition 2017

J’arrive sur notre paddock dès le mardi après midi, quelques pilotes de la Women’s Cup sont déjà installées. Le paddock du karting où nous sommes est certes un peu loin de l’entrée du circuit, mais je vois ça comme un atout, il est plus à l’écart de l’agitation, et je vais avoir besoin de concentration. Sandrine Desreux, l’autre pilote Menrt s’installe  à mes côtés avec son équipe.

La première nuit sera calme et détendue et je ne me mets pas du tout la pression pour les essais libres du mercredi matin (et c’est assez rare pour que je savoure le moment !). Frank Vanquaelle, mon team manager du Menrt fait tout pour me rassurer et me mettre en confiance.

Je pars avec de nouveaux pneus, roulant habituellement en Pirelli Supercorsa (dimension 180), je découvre les Dunlop D212 et je passe en 190. J’ai complètement confiance dans la moto, un pur régal !

Un grand merci au magasin Lady Zig Zag à Versailles pour m’avoir offert ce train de pneus.

Dès le second tour, je jauge un peu les autres participantes, même si toutes ne sont pas encore arrivées et que les groupes des essais ne reflètent pas complètement ce que seront les finales, certaines sont bien plus rapides, mais j’en double facilement beaucoup. Je me souviens à ce moment m’être dit dans mon casque “ok, tu as ta place dans cette course, amuse-toi”.

J’améliore considérablement mon dernier chrono sur ce circuit (2.29 min lors du stage FFM 3 semaines plus tôt) avec un meilleur tour en 2.18min. Je me suis sentie bien, fluide, avec l’impression d’avoir roulé plus vite, mais je ne m’attendais pas à une telle progression, sans efforts et surtout en prenant beaucoup de plaisir sur piste. Je sors avec un sourire jusqu’aux oreilles qui ne me lâchera pas.

 

Le mercredi après-midi est dédié aux contrôles administratifs et techniques. Cela occasionnera un mini stress de ma part, car ayant préparé la moto seule du début à la fin, je m’attendais à avoir quelques corrections à apporter, mais non, tout est parfait, la moto passe sans aucun problème les contrôles. En fin d’après-midi, nous avons droit à notre photo des pilotes sur la piste, un privilège réservé aux pilotes des 24h et à la Women’s Cup !

Crédit photo : Amina Ymh

Jeudi après-midi, nous nous présentons en prégrille pour la première série d’essais chronométrés. Déjà, la pression monte, mais mon équipe assure et me rassure, je n’ai rien d’autre à faire que d’attendre le départ et piloter. Je quitte la prégrille sans stress, mais une fois en piste je panique un peu, je ne suis pas fluide, je ne trouve pas de roue à prendre, je ne suis pas dedans et plutôt tendue. En sortant de piste, je me sens mal, je ne suis pas du tout contente de ce que j’ai fait, et je n’ai pris aucun plaisir (ce sera le seul moment désagréable de cette semaine). On relativise, il n’y a rien de grave, il n’y a pas d’enjeu, il reste une série d’essais.

Vendredi, en début d’après midi se déroulent la 2ème série d’essais chronométrés, je suis un peu plus sereine et fais mon meilleur temps en 2.20 min. C’est toujours moins qu’aux essais libres, mais je me sens capable de faire beaucoup mieux en course, et puis j’ai déjà retrouvé un peu de plaisir, je le vis mieux.

 

Nous avons assez peu de temps entre le retour des qualif et le départ de la finale B.

Je m’isole, tente de rester concentrée, dans ma bulle. Franck me donne ses derniers conseils, Awa, et Sonia sont aux petits soins et tentent de ne pas montrer leur stress.

16h45, il est temps de se placer en pré-grille, 30 min d’attente, les pneus sous couvertures chauffantes, concentration. Je tente de repérer la poignée de pilotes qui se trouve dans la même seconde de chrono que moi, et repère qui je dois être en mesure de doubler et qui je peux éventuellement accrocher. Je sais que pour apprécier ma course et rouler plus vite, je ne dois pas me retrouver seule comme aux qualif, je ne dois rien lâcher. Et puis, aujourd’hui, c’est mon anniversaire, je suis surmotivée !

Et c’est parti pour un tour de placement, un tour de chauffe. Je pars 31ème sur 34. Au milieu de la piste, attendant le départ, je ne sais pas très bien quand est le “vrai départ”. Dès le tour de chauffe, je suis déjà à fond, pensant que nous étions déjà en course, et je ne suis pas la seule, il y aura 2 chutes lors du tour de chauffe. Nous rentrons en pit-lane, sans trop savoir si nous repartons pour 1 ou 2 tours de chauffe, on n’entend rien dans le casque !

Enfin, c’est le départ. Notre course est amputée de 4 tours suite aux chutes et nous partons pour 8 tours. Je suis bien placée sur la grille, à gauche de la ligne droite, je suis déjà sur la bonne traj. Je démarre aussi vite que possible sans prendre le risque de caler (à mon niveau,je ne cherche rien de plus).

Crédit photo : Mutuelle des Motards

Dès les premiers virages, je double plusieurs filles, en confiance, avec hargne et motivation. Rapidement, je me retrouve à batailler avec Audrey #94, que je connais bien, on se croise souvent sur des roulages. Je la double en sortie du virage du Musée,  mais je la sens derrière moi durant tout le tour. Elle me repasse dans la courbe Dunlop, mon point faible. Je m’accroche, je la recolle grâce à de meilleures trajectoires et la repasse au freinage du Garage Vert. De nouveau, elle me double dans la Dunlop, et je lui refais les freins plus tard dans le tour. A ce stade, plus rien d’autre ne compte que de passer le damier devant elle et de ne rien lâcher jusqu’au bout. Je n’ai pas peur, je donne tout ce que peux, tout ce que je peux faire de mieux, en gardant des trajectoires précises en tentant d’entrer de plus en plus vite en virage, mais toujours sans prendre de risques. Il est arrivé à un moment de la course que je ne pose pas mes roues là où je le voulais, je me suis alors ressaisie, ne voulant pas aller au tas, et j’ai repris le fil de la course. A un tour de la fin, je passe Audrey au raccordement et j’entends qu’elle fait une erreur dans ses vitesses, je me dis que c’est ma chance, que si je passe la Dunlop devant elle, c’est gagné. Et ce fut le cas, je passe le Damier, devant, très fière de moi, et en larme en passant devant les commissaires qui nous saluent en bord de piste.

J’ai ressenti une émotion étonnante, déroutante, un plaisir fou durant cette course. Je ne pensais pas réussir à “débrancher mon cerveau” comme on dit et à donner autant.

Niveau chrono, je descendais d’une seconde par tour pour finir en 2.11 min et passer le damier à la 22e position de la finale B (17e en 600cc) je ne pensais pas en être capable, j’en sors très fière de moi et de mon équipe avec Frank, Awa, et Sonia qui ont été parfaits du début à la fin.

Enfin, c’est l’heure de dire merci.

Merci au Menrt de m’avoir permis de rouler sous leurs couleurs.

Merci à Sonia d’avoir supporté mes états d’âme, mon stress et pour les massages.

Merci à Awa pour son efficacité à toute épreuve et son côté rassurant.

Merci à mon coach de rêve Frank qui a géré mon mental comme un dieu.

Merci à Amina pour les jolies photos.

Merci à Lady Zig Zag pour leurs encouragements et ce train magique de D212.

Merci à Sandrine Desreux #69 pour son gentil bouquet de fleur d’anniversaire/course à l’arrivée, et d’avoir coupé les gaz pour me passer en douceur aux essais.

Crédit photo : Amina Ymh

Merci à Karyn #41 de m’avoir convaincue de participer à cette course, merci à Audrey #94 pour cette bataille !

Et merci aux copines de paddock : Aline Boury (Laptiote Dayto), Valerie Terrade, Jennyfer Goudard, Anais Brunet, Margaux Wanham et aux copines Dark Angels qui m’ont encouragées à distance.

Vous vous demandez s’il y aura une suite à cette première expérience de course ? Je crois que je ne pourrais pas faire autrement que de retenter l’expérience, c’était trop bon !