6 pans 1 crayon | Voyage à moto : Himalaya & Ladakh

L'Himalaya en Royal Enfield

Septembre 2015, 3 semaines magiques sur le toît du monde à moto...

Au coeur du Ladakh, roulant sur des routes torturées, franchissant les cols les plus hauts (5 602m pour le Khardung La), ces paysages et cette aventure humaine m'ont marquée à jamais.

 

Le Parcours

Durée du voyage : 17 jours

Moto : Royal Enfield Machismo 500cc

Type de route : Bitume 60%, terre facile : 20%, terre difficle : 20%, quelques passages de gués.

Kilométrage : 1400 au total. Entre 80 et 220 km/jour.

Altitude : Entre 3500 m et 5600 m

Organisateur : Himalayan Bikers (groupe de 12 motos)

Coût du voyages : 1950€ pour l’organisation du voyage, les vols internes l’essence, les hébergements, les guides indiens touristique, moto, mécanicien, transport des bagages.

S’ajoutent à ça le prix du visa, le vol A/R depuis la France, les pourboires.

Ce voyage peut se faire dans les 2 sens, de Leh vers Manali ou de Manali vers Leh. Pour être certaine de bien supporter l’altitude, j’ai choisi la version la plus douce, Leh->Manali. Elle commence à 3 500 m et monte doucement vers le point culminant à 5600 m.

Dès l’arrivée en Inde, à New Delhi, c’est le dépaysement total, les couleurs, les odeurs, les gens foisonnent et klaxonnent à tout va. Il faudra bien nous y faire, ça ne fait que commencer ! Je suis malgré tout ravie de quitter l’agitation et la chaleur de cette grande ville qui n’est pour nous qu’une étape. A l’aube le lendemain, un vol interne nous emmène à Leh, capitale du Ladakh. Nous survolons la chaîne de montage de l’Himalaya, la vue est grandiose !

A 3500 m d’altitude, il est nécessaire de prendre un peu de temps pour s’acclimater. Nous avons les motos sous les yeux, 12 magnifiques Royal Enfield, mais nous n’y toucherons pas tout de suite. J’avoue que j’ai déjà beaucoup de mal à monter l’escalier de l’auberge où nous séjournons quelques jours, j’ai des vertiges, le repos est le bienvenu. Mais on ne se refait pas, je ne peux tout de même pas rester à rien faire, je sors mon aquarelle.

Le lendemain, enfin, le moteur s'ébroue ! Nous goûtons à la conduite à l’indienne, au sable, aux cailloux, aux klaxons et à une conduite à gauche qui semble n’obéir à aucune règle. La Bullet 500 est assez poussive mais s’avère très adaptée aux routes locales. Les paysages et l’état des routes nécessitent un rythme cool. 4 jours après notre arrivée en Inde, nous quittons Leh en direction de Llamayuru, village qui abrite un énorme monastère. La lumière du matin sur les montagnes est majestueuse. Nous franchissons le col de Fotula (4108 m) et traversons un paysage lunaire impressionnant (Moon Valley).

"Tiens, ma moto ne démarre plus !" Nous ne sommes partis que depuis quelques jours mais les pannes sont déjà monnaie courante. Raja, notre mécanicien, règle le problème en quelques minutes, en ouvrant un petit panneau sur le côté et en réglant simplement les soupapes. Tout semble être un jeu d’enfant sur cette bécane, qui semble aussi très fragile ! Quelques kilomètres plus tard, c’est un amortisseur d’un autre pilote du groupe qui lâche. Là encore, la réparation sera relativement rapide. Pour faire ce type de voyage il est essentiel d’avoir de bonnes connaissances en mécanique, et de partir avec du matériel si le voyage n’est pas organisé de cette manière. Nous nous réjouissons d’avoir Raja avec nous.

Je commence à prendre l’habitude de me positionner juste derrière Thinles, notre guide moto, avec qui le courant passe très bien, je m’éclate sur les routes sinueuses du Ladakh avec lui, le sourire aux lèvres. Ce sourire, il sera souvent la, mais je mentirais si j'affirmais qu'il était la tous les jours. En effet, les conditions d’hygiène alimentaire n'étant pas les mêmes que chez nous, mon estomac aura quelques soucis dès le 5e soir.

Monastère de Llamyuru

A défaut de régaler mes papilles, c’est un régal pour les pupilles. Les paysages défilent, les lumières et les couleurs changent. Les routes, elles, se dégradent, mais j’y prends beaucoup de plaisir, en particulier dans la montée du col carrossable le plus haut du monde : Le Kardung La, qui culmine à 5 602 m !

La montée du col est très technique, grosses pierres, terre, boue, sable, neige au sommet et ce sera certainement pour moi la plus fun.

Kardung La

Nous pénétrons dans la vallée de la Numbra, et le paysage change encore, ici, le sable est roi. Nous camperons ce soir là à Hunder, dans de grandes tentes d’environ 20 m2 avec une petite salle de bain derrière un rideau (nous logeons à 2 par tente). C’est du camping de luxe, un système de canalisations nous amène l’eau jusqu’aux tentes (lorsqu’elles ne sont pas gelées). On nous apporte un seau d’eau chaude pour deux pour la toilette, ce qui sera tout à fait suffisant, shampoing compris. Je prends alors conscience de notre gâchis quotidien en France.

 

De Hunder à Sumur, la journée s’annonçait calme (45 km).... c'était sans compter un rallongement de 30km assez difficiles techniquement ! Le sable balaie les routes, nous traversons des champs de caillasse. La fatigue commence à se faire sentir et ce sera ma première chute, suivie d’une seconde quelques kilomètres plus tard, sans gravité pour moi. La moto, elle, s’en sortira avec un pare carter bien limé, un phare cassé et un guidon tordu. Le soir, ce sont de jolies cabanes en bambou qui nous attendent, dans un cadre très agréable. Je me lie de plus en plus d’amitié avec l’équipe des guides, en particulier Thinles, dans la connivence sur les routes et dans le partage des bières du soir... une belle rencontre !

 

9 jours après notre départ, nous sommes de retour à Leh, et c’est journée repos (ou mécanique pour Raja et moi). Il m’emmène avec lui dans un magasin de pièces détachées Royal Enfield, pour réparer mes bêtises (et celles des autres, car il y aura eu une bonne douzaine de chutes, sans gravité toujours, pour tout le groupe !).

Le 10eme jour, la route fut très longue ! De Leh à Tso Moriri, 221km de sable et de caillasse pour lesquels j’avoue ne pas garder un très bon souvenir. Après mes deux chutes, je ralentis énormément le rythme, et cela me paraît d’autant plus long. Je passe à l’arrière du groupe et j’attends que le calvaire se termine. Nous logeons en tentes, au bord du lac Tso Moriri. La nuit est glaciale, et je suis à nouveau malade, c’est le pied ! Le lac Tso Moriri, quant à lui, valait vraiment le détour, et plus beau encore, le lac Tso Kar où nous nous rendons le lendemain. Un lac salé, paisible et envoûtant. Nous sommes à 4200 m, le campement est plus rudimentaire et les nuits sont souvent difficiles à cette altitude : je me réveille parfois avec l’impression de suffoquer mais rien de grave, ni d’anormal, il suffit de se détendre et tout rendre dans l’ordre.

Nous retrouvons ensuite une route bitumée, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours, et c’est reposant. Nous arrivons dans les Morrey Plains, puis dans la vallée de Pang où se trouve un impressionnant canyon. Nous passons le Lachulung La (5035 m).

 

13ème jour : Nous quittons le Ladakh pour entrer dans l’Himachal Pradesh. Les vallées deviennent verdoyantes dans ce paysage alpin et je remarque alors que nous n’avons vu quasiment aucune végétation depuis notre départ ! Les habitations sont différentes, plus solides. Et c’est aussi notre dernière grosse journée de moto. La fin du voyage est proche et je sais déjà que cette fabuleuse équipe va me manquer. La nuit à Keylong, c’est royal, nous dormons à l'hôtel et nous sommes tous heureux de pouvoir prendre une (vraie) douche et nous décrasser en profondeur.

 

Le lendemain, nous rallions enfin Manali en passant par le col du Rohtang et posons définitivement les motos. C’est une ville de taille moyenne et déjà je regrette le calme ladaki. Nous y passerons néanmoins de bons moments et goûterons à la cuisine tibétaine et ses momos (raviolis vapeur à la viande), en particulier au mouton, en excursion discrète avec l’équipe de guides. J’aurais aussi la chance de visiter l’atelier de Raja, j’en ai encore les yeux qui pétillent comme une enfant.

 

Revenir à Delhi en attendant le vol du retour fut un enfer, grouillant de monde, de chaleur étouffante, de bruit et d’au revoir difficiles après ce merveilleux voyage.

L'Himalaya à moto, une expérience comparable à aucune autre, des souvenirs plein la tête et le coeur pour longtemps.

Si vous avez des questions ou remarques au sujet de ce voyage, n'hésitez pas à m'envoyer un email !

Le site de l'organisateur

Quelques liens

 Voyages-moto.blogspot.fr 

Sur son blog, Jean-Louis raconte ce même voyage (nous y étions ensemble).

Vous trouverez aussi bien d'autres destinations en France et en Europe ainsi que des conseils pratiques pour les voyageurs à moto.